Conseil d’élèves en classe de 5e: Introduction

Conseil-01-2Depuis la rentrée, mon collège expérimente la mise en place de projets pour trois classes (de la 5e à la 3e). Faisant partie des axes du réseau (REP+), « l’accueil de la parole de l’élève » oriente le projet de la classe de 5e.

Point de départ et cadre

Fruit d’échanges issus du temps libéré dans le cadre du REP+, ce projet s’est rapidement orienté vers la constitution d’un conseil d’élèves. Étant pratiqué depuis deux ans à l’atelier relais, le conseil a été relativement bien accueilli bien que restant assez mystérieux pour de nombreux collègues.

Les adultes se réunissent de façon apériodique sur le temps libéré (pour l’instant une à deux fois par mois) afin d’échanger autour des comptes rendus de conseils ou pour statuer sur les propositions d’élèves. Cette concertation limitée constitue un premier frein important au développement de la structure. Parmi les adultes, on retrouve les professeurs de la classe, des professeurs d’appui, CPE, et des enseignants n’ayant pas cette 5e. Pour ma part, je fais partie de cette dernière catégorie car suite à un changement d’emploi du temps en début d’année, je travaille avec une autre 5e. J’interviens cependant ponctuellement sur les heures de conseil.

Des objectifs qui se définissent en allant

Cela serait se voiler la face que de considérer que l’ensemble des adultes, lesquels n’ont pas nécessairement choisi d’être là, se sentent tout à fait concernés par la question et pour beaucoup, il peut sembler difficile de se saisir concrètement de la thématique. De ce fait, les propositions d’élèves ont sans doute été les ouvertures les plus franches jusqu’à présent. Néanmoins, il a été établi dès le départ que la classe dispose de sa propre salle, ce qui relativement à l’organisation habituelle du collège, n’est pas rien.

Nous voilà donc avec un conseil d’élèves et de rares réunions d’adultes tentant de trouver une direction commune et consensuelle pour ce projet d’accueil de la parole de l’élève. Pas facile!

Pour l’instant, nous essayons donc modestement de composer avec ce qui peut faire sens pour tous (le TOUS désignant les profs car les gamins semblent toujours prêts pour ce genre de choses!):

  • accueillir les propositions d’élèves en ce qui concerne la gestion du lieu classe (j’y reviendrai plus tard)
  • introduire des logique de travail en groupes autour de ces propositions
  • développer l’appartenance au groupe par le développement de responsabilités dans le conseil (la transposition dans les classes ne fait pas encore consensus en pratique).

Quelques difficultés inhérentes au cadre

Avant d’entrer dans le plus concret, il me semble important de souligner quelques autres potentiels freins dû à notre démarche.

Jusqu’à présent, le conseil se développe comme une instance close, séparée des autres temps disciplinaires. Organisé sur les heures de vie de classe, il est dans un premier temps – contenu mis à part – un cours comme les autres. Il est ainsi tenu de générer ses propres objets de travail, en dehors de toute communication avec les autres temps. C’est donc au conseil d’aller vers les disciplines. Ce premier écueil est de taille car étant en principe le lieu de la gestion du travail quotidien, le conseil devrait davantage émerger de ce qui se passe dans les classes et se saisir de ce qui s’y déroule pour construire son ordre du jour.

Telles que sont les choses de ce côté de la charrue, la question n’est pas: doit-on changer la pédagogie pour améliorer l’accueil de la parole? mais: le conseil peut-il « pacifier » les relations sans nécessité d’un bouleversement des pratiques disciplinaires? Je suis persuadé pour ma part que c’est l’approche par les méthodes de travail qui permet au conseil de se constituer comme une institution influente et efficace et non comme soupape pour des cours inchangés. Si plusieurs adultes se posent évidemment la question de l’intégration de la thématique au quotidien, elle ne constitue pas pour l’instant une priorité pour le groupe.
Outre l’étau que représentent les programmes, on pourra certainement trouver des explications à ce positionnement dans l’absence totale de sensibilisation aux pédagogies coopératives en formation initiale ou continue au profit d’une approche disciplinaire et didactique sanctuarisant le lieu classe.

De ce point de vue, une approche exclusivement orientée vers une plus grande circulation de la parole dans un espace circonscrit qui ne soit pas celui du cours doit pouvoir paraître moins menaçante pour les pratiques et le statut de chacun.

Fort heureusement, les quelques occasions d’ouvrir les possibilités ont déjà été saisies par les élèves. Dès les premières heures, des propositions de gestion du temps des interclasses ont été émises et malgré tout les obstacles observés, on peut encore penser qu’il est envisageable que ce travail en conseil fasse tâche d’huile…

À suivre…

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