Réforme du Collège: déchéance de professoralité pour les profs-doc

Ghostbusters_004PyxurzOn entend beaucoup de choses à propos de la réforme du Collège ces temps-ci. Certains crient à l’apocalypse, la fin du sacro-saint fractionnement disciplinaire et de l’exigence sur les contenus quand d’autres saluent une avancée significative vers la généralisation de méthodes de travail moins frontales et désincarnées dans la classe. Mais s’il y a une chose dont on n’entend pas du tout parler, c’est bien de la situation des professeurs documentalistes. Et pour preuve, ils sont totalement absents dans les textes de cette réforme.
Mais voyons avant tout dans quel contexte nous nous trouvons.

Un schisme en préparation dans l’EN

Ce sont surtout les EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) qui déchaînent les passions. On pourrait presque parler d’hystérie lorsque des premiers partages d’EPI sur les réseaux sociaux ont donné lieu à des torrents d’accusations et de railleries fleurtant avec le harcèlement. On touche visiblement à la corde sensible avec ces propositions de projets interdisciplinaires obligatoires. Dans certains établissements la guerre est déclarée dans la salles des profs et les camps se forment.

giphySelon les sensibilités, les pro-EPI seraient soit des laxistes dont la mission non avouée consisterait à baisser le niveau d’instruction de toute une population, soit des laquets plus moins consentants du patronat ne comprenant pas que les compétences, l’interdisciplinarité et la démarche de projet, ne sont que des outils participant à la formation d’un travailleur polyvalent uniquement adapté à la demande du marché (je n’ai toujours pas compris le problème avec la polyvalence mais bon.)

Difficile d’engager un débat constructif dans ce contexte, notamment lorsque l’on se rend compte de la précipitation avec laquelle on nous demande d’appliquer une réforme tellement creuse qu’elle ne laisse apparaître que la rigidité du cadre qu’elle proimpose.

Étant dans un établissement REP+ bénéficiant d’heures de concertation hebdomadaires, nous commençons chez nous à entrevoir l’étendue du travail à mener et les pistes envisageables pour la rentrée prochaine.
Premier constat: le cadre que la réforme pose demande une énergie de décryptage et d’évaluation des possibilités considérable. Même avec plusieurs professeurs d’appui travaillant la question, il nous a fallu plusieurs réunions avant de pouvoir parler de contenu. Plutôt marrant pour une grande réforme pédagogique!

Si ce cadre semble être le résultat d’une intéressante volonté d’inscrire « en dur » la démarche de projet et l’interdisciplinarité dans les classes et dans les programmes (plus uniquement via des dispositifs périphériques menés par les « toujours volontaires »), mon établissement y perdra peut-être tout ce qui a fait sa spécificité depuis des années (ateliers d’écriture, techniques d’apprentissage, ateliers de raisonnement, TSO…).
Le premier exercice consistera donc à sauver les meubles et voir dans quelle mesure la réforme pourrait accueillir des pratiques ou dispositifs proches. Encore du temps perdu à faire rentrer des heures de boulot dans la bonne case pour ne pas avoir à tout remettre en cause.

Pendant ce temps, la « dame du CDI« © range et lit des bouquins

chandler_lecture

Concernant les professeurs documentalistes, cette réforme est l’aboutissement de nombreuses années d’humiliations des résidents du CDI:

  • Qualité de prof reconnue aléatoirement dans les textes
  • Discipline inexistante dans les textes
  • Heures de cours non décomptées du temps de travail global mais surtout considérée négativement dans beaucoup d’établissements car « amputant » le temps d’accueil
  • Pas d’ISO, d’HSA, de prime REP+ (comme les CPE) [edit] taux d’HSE différents
  • Présence aux temps de concertation REP+ officiellement non prévue (c’est heureusement différent dans les faits)
  • Pas de corps d’inspection spécifique mais surtout formé aux questions de pédagogie info-documentaire
  • Postes occupés par de nombreux faisant fonction, contractuels ou naufragés de filières supprimées

Alors que le CAPES de documentation existe depuis 1989 et que les fonctions pédagogiques n’ont malgré tout cessées d’être réafirmées dans les textes. Cela a notamment accompagné le développement de l’Intitiation à la Recherche Documentaire (IRD) ou de l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI)) et radicalement changé les formation intiales allant vers la préparation à un véritable enseignement en classe.

Avec la réforme, il n’est dorénavant plus question de laisser la moindre heure à la charge des profs-doc. L’enveloppe de 26h maximum pour chaque élève ne laisse clairement plus aucun doute à ce sujet. Ayant personnellement 7 classes de 6e + 1 d’ENSA à ma charge, ce sont donc 8h de cours qui me sont retirées.
Cet état de fait ne nous a évidemment pas été communiqué par quelque biais que ce soit et les collègues sont parfois mis face au fait accompli lorsque les emplois du temps prévisionnels sont établis (lorsqu’ils sont au courant). Quand on vous dit qu’on est oubliés…

Il s’agit donc maintenant de s’insérer dans les EPI et l’AP (accompagnement personnalisé). Si l’interdisciplinarité et la démarche de projet font partie de l’ADN pédagogique des profs-doc, cela pose un certain nombre de problèmes de taille:

  • Plus de progression annuelle propre possible car les EPI ne se déroulent pas sur cette durée et sont avec les AP soumis aux programmes des disciplines les prenant en charge (donc pas la notre puisqu’elle n’existe pas)
  • Remise en cause de la liberté pédagogique car nous ne pourrons plus être que dans la négociation avec les collègues (s’ils veulent de nous) et avec leurs contraintes (notamment de temps, d’évaluation) et les programmes comme base.
    Quel poids pourront avoir nos « préoccupations » face aux programmes?
  • Un prof-doc ne peut prévoir un EPI avec un collègue car le caractère interdisciplinaire ne serait pas reconnu (même sur des questions d’EMI !)
    On nous redonne le statut de mineurs… (Note: les sons de cloche divergent selon les établissements)

Si évidemment selon les établissements l’implication des professeurs documentalistes pourra au final être conséquente, le problème de fond qui se pose est que l’avenir de la profession et nos possibles implications pédagogiques sont laissés à la négociation locale, non plus uniquement avec les directions, mais également avec l’ensemble de l’équipe enseignante.

Étant dans un établissement dynamique avec une équipe sympa qui m’intégrera sans doute aux projets, je m’en tirerai à moindres frais. Mais qu’en sera t-il des néo-titulaires n’ayant pas le réflexe de s’imposer comme enseignant légitimes pour les EPI et l’AP? Qu’en sera t-il des collègues au profil pédagogique moins affirmé ou de ceux qui sont marginalisés dans leurs établissements? Et de tous ceux qui ne sont pas formés car faisant fonction ou autre? Il est fort à parier que l’éclatement des pratiques info-documentaires au niveau national n’en sera que plus grand et que le projet d’une formation aux médias et à l’information pour tous ne doive attendre encore quelques années avant de voir le jour.

Devant tous ces obstacles au développement d’un véritable statut d’enseignant et surtout face à l’indifférence du législateur vis à vis de notre cas, nombreux sont les profs-doc à se demander s’ils sont bien à leur place dans un CDI.

Les professeurs-documentalistes auraient pourtant pu être des relais certains pour le développement de l’EMI, de l’interdisciplinarité et de la démarche de projet…

Un beau gâchis.

car_crash

Edit:

J’ai trouvé ici une compilation d’articles très intéressants pour creuser le sujet

Lettre de l’APDEN (ex-FADBEN) sur la réforme

29 thoughts on “Réforme du Collège: déchéance de professoralité pour les profs-doc

  1. Article très intéressant et argumenté, que je vais relayer avec plaisir. Cependant un point qui me chiffonne : tu évoques le maximum de 26heures de cours.
    Cet argument est entendu et lu partout, et les collègues font très souvent référence à cette difficulté dans les négociations.

    Mais aucun des textes de la réforme ne prévoit cette limite. La seule explicitée et la limite de 6h par jour pour les 6e ( et éventuellement 7 pour les 5-4-3)

    • Merci pour le commentaire et le partage!

      Concernant les 26h, il semblerait que ce soit selon l’APDEN en raison de l’arrêté du 19 mai 2015 relatif à l’organisation des enseignements dans les classes de collège.
      Quoi qu’il en soit, ça ne serait pas la première incohérence dans les textes nous concernant. 🙁

      Donc légal ou pas, je crois que nos avancées devront être arrachées..

  2. Mais bien sûr que si, les documentalistes ont la prime rep+, arrêtez de passer votre temps à vous plaindre.
    Le but de la création du capes doc en 1986 était d’avoir un corps de documentalistes qui ont des compétences en pédagogie pour un meilleur accueil des élèves et pour ne pas avoir dans les CDI des personnes complètement déconnectées des réalités d’un établissement scolaire.
    Mais il n’a jamais été question d’en faire des « vrais profs » comme vous croyez l’être. Regardez dans l’ensemble des autres pays du monde, il n’y a pas de « professeur-documentaliste »

    Accueillez les élèves, faites une politique d’acquisition, occupez vous des documents, soutenez les enseignants pour LEURS projets pédagogiques. Mais arrêtez de vous croire profs. L’important est d’avoir un CDI ouvert à tous et des documents disponibles.

    • Aïe j’ai dû toucher un nerf. Merci pour ce commentaire bien “qu’un peu” agressif à mon goût.
      Êtes-vous professeur documentaliste?
      Je concède une chose, c’est qu’effectivement (et je viens de le découvrir), nous touchons la prime REP+. Ça n’était pas à l’ordre du jour avant septembre, je le tiens de la bouche de mon ancien chef d’établissement et de diverses communications syndicales. Cet emportement me paraît donc un peu excessif…

      “arrêtez de passer votre temps à vous plaindre” –> on se connaît?

      Concernant le statut de prof qui semble vous refiler le syndrome de tourette, je me réfèrerai à des choses simples:
      1) Les textes:
      Les professeurs documentalistes, enseignants et maîtres d’œuvre de l’acquisition par tous les élèves d’une culture de l’information et des médias
      Les professeurs documentalistes apportent les aides nécessaires aux élèves et aux professeurs, notamment pour que les apprentissages et l’enseignement prennent en compte l’éducation aux médias et à l’information. Ils interviennent directement auprès des élèves dans les formations et les activités pédagogiques de leur propre initiative OU selon les besoins exprimés par les professeurs de discipline.

      2)Ma formation
      Pour obtenir un CAPES (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement au second degré), j’ai suivi une formation notamment sur les questions pédagogiques, et pour passer l’oral, on m’a demandé de constuire une séquence pédagogique.

      3) Les demandes de mes directions
      Lorsque je suis arrivé dans mon établissement, j’ai précisé que j’avais un profil pédagogique et on m’a répondu: “c’est ce qu’on cherche”…

      Donc en raison de tout ça mais pas seulement, oui je “me crois” non pas un peu mais beaucoup prof car c’est tout simplement mon métier… professeur documentaliste.

      • Vous mettez en gras ce qui vous arrange…
        Et cette partie vous en dites quoi ?
        « Les professeurs documentalistes apportent les aides nécessaires aux élèves et aux professeurs »
        Ce que vous devez faire c’est proposer votre soutien aux profs ou faire des interventions sur le classement du CDI.

        « VOus avez eu au capes une séquence pédagogique » : sauf qu’elle était en partenariat, selon les besoins d’un enseignant. Vos collègues profs font un « cours ».
        D’ailleurs je vous signale que lorsqu’on est prof, on ne parle pas de « séquence pédagogique », mais de cours.

        Bref, de toutes façons personne ne vous considère comme des vrais profs. Les textes n’iront jamais dans le sens que vous rêvez et vous passerez encore les 30 prochaines années à vous plaindre et dire que c’est scandaleux.

        • J’en pense que les partenariats sont également demandés et nécessaires…

          Concernant la formation initiale, elle donne le ton pour redéfinir la profession. Que d’autres ne soient pas formés est un problème de formation continue, ce qui est un autre débat.

          Sinon une séquence= série de séances sur une thématique. Après vous en faites ce que vous voulez, je ne suis pas à votre place. Et puisque visiblement vous n’êtes pas prof-doc je ne vois pas trop de quoi vous vous mêlez ni d’où vient cette agressivité irrationnelle…

          • Ce monsieur n’est visiblement pas prof tout cours, puisqu’il ne fait pas de « séquence pédagogique »…

            • Non mais c’est vrai qu’il n’y a que les prof-doc qui disent « séquence pédagogique », les enseignants disent « cours ».

              • tous les profs de mon collège parlent de séquences pédagogiques … et ils ne sont pas tous profs docs …. y’a que moi comme prof doc là bas …

                mais dans quelles hautes sphères vivez vous ???

        • Jean, mpedago. Heureusement de nombreuses personnes considèrent les profs docs comme des enseignants à part entière avec des compétences propres. Nous ne sommes pas au service des autres enseignants. Les nombreux partenariats avec les collègues se font avec les compétences de chacun et nous élaborons nos cours en croisant nos expertises. Votre mépris à l’égard des profs docs est navrant. Sachez que tout enseignant créé des séquences pedagogiques. Un vrai prof est un  prof qui transmet des savoirs et des compétences,ce que font les profs doc. Notre enseignement ne s’arrête pas au classement du cdi ; quelle courte vue qui montre une méconnaissance profonde de ce métier. Heureusement peu de monde pense comme vous contrairement à ce que vous insinuez.

  3. Il y a bien une limite de 26h de cours en 6e, elle augment en 5e-4e-3e avec l’enseignement de complément latin ou langue régionale (voir sur le site du ministère). Les parents ont soulevé qu’il y aurait donc davantage d’études et s’interrogent sur la suffisance d’encadrement sur ce temps là et si le CDI sera ouvert.

    • Aïe, alerte garderie!
      La définition du contenu pour le temps d’accueil demandera donc pas mal d’investissement si nous ne souhaitons pas faire salle d’attente…
      Concernant les 26h, on a fait le même constat dans mon établissement oui.

      Et merci pour le commentaire!

  4. Etant moi-même dans un poste d’encadrement dans l’Education Nationale, je rejoins l’avis de Jean. Bien que ses formulations soient un peu dures…
    L’emi doit être enseignée par les enseignants. De français, d’EMC et autres.
    Le professeur-documentaliste peut, avec ses compétences, apporter son soutien, mais il n’a pas les compétences pour enseigner comme le font ses collègues. Il a un rôle pédagogique, surtout dans l’EMI, mais il ne faut pas outrepasser ses missions.

    • Ayant été formé en Sciences de l’Information et de la Communication pour passer le CAPES, j’ai du mal à penser que l’EMI n’est pas mon domaine…
      En réalité nous sommes plutôt les seuls formés sur le sujet avec une vision globale de la question et non sur des points épars et relatifs à des champs disciplinaires autres…

    • C’est regrettable d’être à un poste d’encadrement dans l’EN et si mal connaître le rôle des professeurs documentaliste.
      L’EMI peut en effet être enseignée par les les professeurs d’EMC ou de français, mais elle doit l’être, aussi, par les professeurs documentalistes… qui ont, Monsieur l’encadrant, toutes les compétences requises.
      Vous semblez avoir des missions du professeur documentaliste une image bien erronée.
      Renseignez-vous, Monsieur. Documentez-vous…

    • Je réagis à mon tour sur le « pas les compétences pour enseigner ».
      Lorsque nous sommes inspectés c’est dans le cadre d’une séance pédagogique. Mon mémoire professionnel s’est construit à partir de mes séances pédagogiques en 1998 et c’était déjà des séances d’EMI.
      L’EMI ? J’ai discuté avec des professeurs qui découvrent ce mot et son contenu aujourd’hui alors que j’en ai toujours fait.
      Je construis des séances pédagogiques qui étonnent des professeurs parce qu’elles intègrent les TIC, me permettent de valider des items du socle commun et se basent sur une analyse des besoins des élève tout en faisant passer un contenu comme tout professeur.

      Aujourd’hui, j’interviens dans le cadre du Parcours Avenir, je monte des projets en EMI, en lecture, je participe à la liaison école-collège, j’ai proposé un projet d’EPI, j’ai des élèves en cours …

      Je revendique mon statut de professeur, je me présente comme professeur aux élèves et aux parents. J’ai un CAPES et j’en suis fière !

  5. J’aimerais bien comprendre ce qu’est un pédagogue qui n’enseigne pas ? A moins que le professeur documentaliste soit un pédagogue au sens antique du terme :  » Esclave chargé de conduire les enfants de son maître à l’école » (définition du TLFI) ?

  6. excusez moi jean et mpedago ? qu’ouis-je qu’entend-je ?

    on m’aurait donc menti à l’insu de mon plein gré ???? J’ai donc passé un capes (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire) pour rien ? Oh ben flute alors et moi qui pensais ne pas m’être enfilée pendant 4 ans de master en alternance avec mon boulot de prof doc contractuelle des kilometres de pensées de chercheurs en SIC pour rien !!! ce que c’est balot quand mm ! juste pour ouvrir le cdi et donner des documents et servir la soupe aux VRAIS professeurs sérieux qui eux font de l’EMI SERIEUSEMENT EUX !!! c’est qd mm gacher du temps pour rien non ? recrutez des aed …. vous les paierez 2* moins cher !!!

    bon blague à part qui sont les spécialistes de l’éducation aux médias et à l’information ? Qui a reçu aux cours de ses études une solide formation en sciences de l’information et de la communication ?
    Qui peut vous expliquer en moins de 2 mn comment fonctionne google, ce qu’est la translittératie et comment gérer son identité numérique ?

    Et venez pas me répondre les profs de français et d’EMC hein …. en tout cas pas dans les 8 collèges que j’ai connu !!!

    alors la mauvaise foi ça va bien un moment hein !!! on est de VRAIS profs qui donnnont de VRAIS cours et je laisserais personne nous réduire à une garderie de luxe avec des pc et des livres ! merde !!!!

    désolé mathieu jme suis un poil agacé mais toi tu sais comme moi pourquoi !!!

  7. Je suis documentaliste – avec le CAPES et tout, et tout – et je ne me considère pas comme mieux placé qu’un autre prof – de français, de langue, d’EPS, de maths et même de technologie (ah, ah,ah) – pour parler de médias et d’information. Je m’explique : l’évolution historique des médias peut être vue en histoire, les problèmes liés à l’Internet – cyberharcèlement, sécurité des données, publicité, intrusion… – peuvent être vues par les CPE, les professeurs principaux, tout ce qui est lié à l’image relève du français, le fonctionnement des moteurs de recherche, des sites, la programmation sont dans le domaine des profs de maths… Il faut que notre corporation cesse de se croire indispensable : tout enseignant peut dispenser les formations que nous croyons relever de notre unique compétence ! Nous ne sommes pas les détenteurs exclusifs d’un savoir ! l’EMI n’est pas une matière, pas une discipline, c’est juste un enseignement que tout membre de la communauté éducative peut assurer, en totalité ou en partie ! Et c’est très bien comme ça !

    • Tout cela ne fait pour moi que justifier la nécessité de l’interdisciplinarité… Si on prend le cas de l’Histoire, on la retrouve dans toutes les matières mais cela n’empêche l’intervention spécifique d’un spécialiste de la question pour traiter la question de front.
      Que l’EMI ne soit pas une discipline est une chose, qu’elle ne puisse le devenir en est une autre. Quoi qu’il en soit, le problème n’est pas vraiment là (les SIC sont confrontées au même « problème » et le résolvent très en acceptant l’interdisciplinarité comme point de départ), mais plutôt dans l’ignorance du rôle que les profs-docs doivent jouer dans son enseingnement.

  8. Situation préoccupante, effectivement… pas pour les élèves (tant mieux pour eux si ces apprentissages sont généralisés et non plus ponctuels). Je rédige un article pour InterCDI dans ce sens. La question maintenant est de savoir comment réagir, non pas localement, mais au niveau national, pour défendre nos compétences pédagogiques, car effectivement, si on laisse passer cela, l’avenir du métier me semble menacé, tout au moins celui que l’on exerçait depuis 30 ans.

    • Tout à fait d’accord sur la problématique nationale car l’isolement renforcé par les négociations locales n’est pas à notre avantage. Répondre à cette question a été ce qui a poussé à la création de la Fadben mais honnêtement, je ne connais pas assez cette asso sur le terrain pour savoir si c’est le bon outil…

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